L'ombre de l'Olympique s'incline devant Lucerne
Au Stade Bergeyre, hier, le F.C. Lucerne a battu l'Olympique par 4 buts à 2. Ainsi le club considéré comme le meilleur de la capitale a été nettement défait par une équipe classée septième dans le championnat de la Suisse Centrale. Il ne convient, certes, pas de prendre ce résultat au tragique, mais il est permis d'affirmer que l'Olympique se devait à lui-même et devait aux huit mille spectateurs qui avaient envahi le magnifique stade des Buttes-Chaumont, de faire autre chose que l'exhibition piteuse donnée par l'équipe qui portait ses couleurs, hier. Je sais bien que celle-ci était fort mixte, mais c'est justement ce qu'il eût fallu éviter, dans la mesure du possible du moins, et ne pas laisser croire au public que, dès l'instant qu'une partie est amicale, l'on se moque du résultat. Déjà, les rencontres amicales de la fin de la saison dernière donnèrent lieu à des abus du même genre. Ne craint-on pas que le public se lasse et ne se dérange plus que pour les rencontres officielles ? Revenons à la partie qui, ainsi qu'on a déjà pu le comprendre, ne fut pas digne du renom des clubs qui la disputèrent. Les deux équipes étaient composées comme suit : F. C. Lucerne : Gardien de but, Genhardt ; arrières, Ruoff et Stocker ; demis, Arnold, Waldis et Morf ; avants, Mondaton, Schild, Agostini, Gross et Biasca. Olympique : Gardien de but, Cottenet ; arrières, Audin et Baron ; demis, Mistral, Parachini et Bélaousté ; avants, Taled, Stuttler, Klein, Beauvais et Delouy. Pendant les trente premières minutes, grâce à ses arrières et ses demis, l'Olympique eut l'avantage, mais la faiblesse de ses avants ne lui permit pas de marquer. Dewaquez tenta de jouer au début, mais après dix minutes, son genou malade le contraignit à se retirer. Beauvais prit sa place. Cinq minutes avant la fin de la mi-temps, les Suisses, par l'intermédiaire de Schild, marquèrent un premier but. Jusque-là, la partie avait été plus que terne, les joueurs n'avaient montré que peu d'ardeur, et le nombre des « loupés » fut invraisemblable. En seconde mi-temps, le jeu fut plus animé et les Suisses prirent l'avantage. Après dix minutes, Klein réussit à égaliser pour l'Olympique qui, grâce à Parachini, compta un second but dix minutes plus tard. Aussitôt après, le second but des Suisses fut marqué par Schild. Sur une descente de l'ailier droit des visiteurs, Biasca plaça encore la balle dans les filets de Cottenet, puis deux minutes avant la fin, Agostini marqua le quatrième but des Suisses. Il ne fait aucun doute que, complète, l'équipe de l'Olympique eût gagné aisément, le onze des Suisses étant d'une valeur honnête, sans plus. C'est lui qui, cependant, fit le meilleur jeu, les Parisiens n'exécutant aucune attaque digne de ce nom, mais jouant constamment au petit bonheur. Parmi eux, Audin et Parachini furent les meilleurs. Agostini et Schild dominèrent leurs camarades de la ligne d'attaque suisse, dont la cohésion et le perçant ne sont pas merveilleux. Les demis suisses furent actifs et rapides. En arrière, Stocker se montra nettement supérieur à son camarade Ruoff, et le portier suisse fut assez bon, sans plus.